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Bienvenue sur le site web de Darchari MIKIDACHE. Vous y trouverez une synthèse de ses propositions, ses éditoriaux, ses réflexions, ses actions, sa biographie, ses tribunes et ses citations.


COMMENT LES COMORES PEUVENT FINANCER UN TOURISME DURABLE SANS SURENDETTER L'ÉTAT PARTIE I

Publié par Darchari Mikidache sur 29 Juillet 2026, 10:26am

Catégories : #Action publique, #Patrimoine, #Culture, #Comores, #Palais, #Medinas

 COMMENT LES COMORES PEUVENT FINANCER UN TOURISME DURABLE SANS SURENDETTER L'ÉTAT PARTIE I
 COMMENT LES COMORES PEUVENT FINANCER UN TOURISME DURABLE SANS SURENDETTER L'ÉTAT PARTIE I
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 COMMENT LES COMORES PEUVENT FINANCER UN TOURISME DURABLE SANS SURENDETTER L'ÉTAT PARTIE I
 COMMENT LES COMORES PEUVENT FINANCER UN TOURISME DURABLE SANS SURENDETTER L'ÉTAT PARTIE I

 

 

Par Darchari MIKIDACHE, Économiste et fiscaliste et Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

 

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INTRODUCTION — LE VRAI DÉFI N'EST PAS LE TOURISME. C'EST SON FINANCEMENT.

 

Les Comores disposent d'atouts que beaucoup de destinations touristiques leur envient.

 

Un archipel volcanique préservé.

 

Des plages encore largement naturelles.

 

Des médinas historiques.

 

Une biodiversité exceptionnelle.

 

Une culture swahilie, arabe, africaine et française qui se mêle dans une identité unique.

 

Une diaspora profondément attachée à son pays.

 

Pourtant, malgré ces richesses, le tourisme demeure un secteur économique de taille modeste.

 

La raison est simple.

 

Le problème n'est pas l'absence de potentiel.

 

Le problème est l'absence d'un modèle économique durable permettant de transformer ce potentiel en emplois, en revenus et en investissements.

 

Depuis plusieurs décennies, les projets se succèdent.

 

Études.

 

Plans directeurs.

 

Missions d'experts.

 

Conférences.

 

Annonces.

 

Mais trop souvent, la même question revient quelques années plus tard :

 

Comment financer la suite ?

 

Cette question est pourtant la première qui devrait être posée.

 

Car une stratégie touristique ne commence pas par la construction d'un hôtel.

 

Elle commence par un modèle de financement crédible.

 

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LE MYTHE DU "PARTENAIRE QUI VA TOUT FINANCER"

 

Dans de nombreux pays en développement, une erreur revient régulièrement.

 

On attend qu'un bailleur international finance le projet.

 

Lorsqu'un partenaire arrive, le projet démarre.

 

Lorsqu'il repart, le projet ralentit.

 

Puis s'arrête.

 

Cette logique ne construit pas une politique publique.

 

Elle construit une succession de projets isolés.

 

Or un secteur touristique fonctionne pendant cinquante ans.

 

Pas pendant trois ans.

 

Le financement doit donc être pensé comme un système permanent.

 

Pas comme une série d'opérations exceptionnelles.

 

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LE PIÈGE DE L'ENDETTEMENT

 

Face aux besoins considérables en infrastructures, certains pourraient être tentés de financer l'ensemble des investissements par l'emprunt.

 

Ce serait une erreur.

 

La dette publique n'est pas mauvaise par nature.

 

Elle devient dangereuse lorsqu'elle finance des dépenses qui ne génèrent ni croissance, ni recettes, ni amélioration durable de la productivité.

 

Emprunter pour construire une infrastructure rentable peut être pertinent.

 

Emprunter pour financer des dépenses de fonctionnement récurrentes l'est beaucoup moins.

 

Le véritable objectif n'est donc pas d'éviter toute dette.

 

Le véritable objectif est d'éviter une dette qui ne produit aucune richesse.

 

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LE TOURISME N'EST PAS UNE DÉPENSE. C'EST UN INVESTISSEMENT PRODUCTIF.

 

Pendant longtemps, beaucoup de gouvernements ont considéré le tourisme comme un secteur secondaire.

 

En réalité, il irrigue une grande partie de l'économie.

 

Lorsqu'un visiteur séjourne dans un pays, il dépense pour :

 

— les hôtels ;

 

— les restaurants ;

 

— les taxis ;

 

— les guides ;

 

— les commerces ;

 

— les artisans ;

 

— les pêcheurs ;

 

— les agriculteurs ;

 

— les événements culturels ;

 

— les transports.

 

Chaque euro dépensé circule ensuite dans plusieurs secteurs.

 

Les économistes parlent d'effet multiplicateur.

 

Autrement dit, un euro injecté dans le tourisme peut produire plusieurs euros d'activité économique indirecte.

 

C'est précisément pour cette raison que le tourisme doit être analysé comme un investissement productif.

 

Et non comme une simple politique de communication.

 

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CHANGER DE LOGIQUE

 

Les Comores ne doivent pas chercher uniquement à attirer davantage de touristes.

 

Elles doivent surtout chercher à augmenter la valeur économique créée par chaque visiteur.

 

Un million de visiteurs consommant peu peut rapporter moins que trois cent mille visiteurs bénéficiant d'une offre touristique de qualité.

 

Le véritable indicateur n'est donc pas seulement le nombre d'arrivées.

 

Il est aussi :

 

— la durée moyenne des séjours ;

 

— la dépense moyenne par visiteur ;

 

— la part des achats réalisés auprès d'entreprises comoriennes ;

 

— les emplois créés ;

 

— les recettes fiscales générées ;

 

— les investissements privés déclenchés.

 

Cette approche change complètement la manière de financer la politique touristique.

 

Il ne s'agit plus seulement d'accueillir davantage de voyageurs.

 

Il s'agit de créer davantage de richesse avec chaque voyageur accueilli.

 

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UNE QUESTION DE VISION

 

Les pays qui ont réussi dans le tourisme n'ont pas commencé par construire les hôtels les plus luxueux.

 

Ils ont commencé par construire une stratégie.

 

Puis une gouvernance.

 

Puis des infrastructures.

 

Puis des compétences.

 

Puis un financement stable.

 

Les hôtels sont venus ensuite.

 

Les Comores disposent aujourd'hui d'une occasion historique.

 

Elles peuvent encore construire un modèle touristique moderne sans reproduire les erreurs observées ailleurs.

 

Encore faut-il accepter une évidence économique.

 

Le tourisme durable ne sera jamais financé durablement par l'improvisation.

 

Il devra reposer sur une architecture financière solide, diversifiée et transparente.

 

C'est précisément cette architecture qu'il convient désormais de construire.

 

(À suivre : Partie II — Les sept piliers d'un financement durable sans surendetter l'État.)

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