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Bienvenue sur le site web de Darchari MIKIDACHE. Vous y trouverez une synthèse de ses propositions, ses éditoriaux, ses réflexions, ses actions, sa biographie, ses tribunes et ses citations.


AFRIQUE : QUAND L’ÉCOLE FORME DES DIPLÔMÉS SANS LES PRÉPARER À LA VIE RÉELLE

Publié par Darchari Mikidache sur 13 Août 2026, 09:32am

Catégories : #Enseignement, #Accompagnement, #Compétences, #Afrique, #Égalité des chances, #Méritocratie, #Efficience, #Action publique

L’éducation ne doit pas seulement transmettre des réponses. Elle doit apprendre à poser les bonnes questions, à résoudre des problèmes et à construire l’avenir

Darchari Mikidache, Président de l’ONG USHABABI WA MESO INTERNATIONAL

AFRIQUE : QUAND L’ÉCOLE FORME DES DIPLÔMÉS SANS LES PRÉPARER À LA VIE RÉELLE
AFRIQUE : QUAND L’ÉCOLE FORME DES DIPLÔMÉS SANS LES PRÉPARER À LA VIE RÉELLE

L’Afrique ne manque pas d’intelligence.

Elle compte des millions de jeunes ambitieux, des étudiants brillants, des entrepreneurs potentiels, des chercheurs, des techniciens et des créateurs capables de rivaliser avec les meilleurs du monde.

 

Pourtant, une question devient de plus en plus difficile à éviter :

 

après dix, quinze ou vingt années d’études, que sait réellement faire un jeune diplômé avec ce qu’il a appris ?

 

C’est peut-être l’une des grandes contradictions du développement africain.

 

 

UNE ÉCOLE ENCORE TROP ÉLOIGNÉE DE LA VIE RÉELLE

 

Dans de nombreux pays, l’école reste largement organisée autour de la réussite aux examens.

 

On apprend beaucoup.

 

Mais on apprend encore trop peu à transformer les connaissances en compétences concrètes.

 

La mémorisation domine parfois le raisonnement.

 

La théorie prend le dessus sur la pratique.

 

Le diplôme devient l’objectif alors que la compétence devrait être la finalité.

 

Et surtout, des millions de jeunes sont encore préparés à rechercher un emploi dans des économies qui n’en créent pas suffisamment.

 

Le problème n’est donc pas seulement éducatif.

 

Il est aussi économique.

 

 

LE DIPLÔME NE PEUT PLUS ÊTRE L’UNIQUE PROMESSE

 

Pendant longtemps, le contrat implicite était simple :

 

étudier, obtenir un diplôme, trouver un emploi.

 

Cette promesse fonctionne de moins en moins.

 

L’économie informelle reste considérable dans de nombreux pays africains, tandis que les secteurs publics et privés formels ne peuvent absorber tous les jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail.

 

Il faut donc élargir la finalité de l’éducation.

 

L’école doit permettre de devenir salarié, mais aussi entrepreneur, artisan qualifié, technicien, agriculteur moderne, ingénieur, chercheur, innovateur ou créateur de services.

 

La réussite ne peut plus avoir une seule porte d’entrée.

 

 

APPRENDRE À PENSER, PAS SEULEMENT À RÉPÉTER

 

Une véritable réforme éducative ne doit pas uniquement rapprocher l’école de l’emploi.

 

Elle doit également développer l’autonomie intellectuelle.

 

Un enfant doit progressivement apprendre à :

 

— raisonner ;

 

— questionner ;

 

— vérifier une information ;

 

— argumenter ;

 

— résoudre un problème ;

 

— distinguer un fait d’une opinion ;

 

— travailler avec les autres ;

 

— comprendre ses droits et ses responsabilités.

 

L’esprit critique est une compétence économique autant que citoyenne.

 

Une société qui apprend à ses citoyens uniquement à reproduire des connaissances, sans leur apprendre à les interroger et à les utiliser, se prive d’une partie considérable de son potentiel.

 

« Une éducation qui apprend seulement à répondre aux questions prépare aux examens. Une éducation qui apprend à poser les bonnes questions prépare à la vie. »

 

— Darchari MIKIDACHE

 

 

LES CONSÉQUENCES D’UN SYSTÈME DÉCONNECTÉ

 

Lorsque l’éducation et l’économie évoluent séparément, les conséquences deviennent visibles.

 

Des diplômés restent longtemps sans emploi.

 

Certains acceptent des activités très éloignées de leur qualification.

 

D’autres quittent leur pays.

 

Beaucoup se tournent vers l’économie informelle faute d’alternative.

 

Et progressivement apparaît une frustration dangereuse :

 

« À quoi ont servi toutes ces années d’études ? »

 

Une société ne peut durablement demander à sa jeunesse de croire dans l’éducation si elle ne lui offre ensuite aucune perspective crédible d’utilisation de ses compétences.

 

 

IL FAUT CHANGER LA PHILOSOPHIE DE L’ÉCOLE

 

La réforme ne consiste pas simplement à ajouter quelques matières dans les programmes.

 

Elle suppose de repenser ce que l’on attend réellement de l’éducation.

 

Il faut notamment :

 

— renforcer l’enseignement technique et professionnel ;

 

— rapprocher écoles, universités et entreprises ;

 

— développer davantage les stages et l’apprentissage ;

 

— introduire progressivement la culture numérique, financière et entrepreneuriale ;

 

— apprendre à résoudre des problèmes concrets ;

 

— valoriser les métiers techniques autant que les parcours universitaires ;

 

— mieux orienter les formations vers les besoins économiques ;

 

— préparer les jeunes à utiliser l’intelligence artificielle et les nouveaux outils numériques ;

 

— mieux former, équiper et valoriser les enseignants.

 

L’objectif doit être clair :

 

passer d’une éducation de restitution à une éducation de création.

 

 

LES PARENTS ONT AUSSI UN RÔLE

 

L’école ne peut pas tout faire.

 

Une partie essentielle de l’éducation commence dans la famille.

 

La curiosité.

 

La discipline.

 

Le goût de l’effort.

 

La responsabilité.

 

La lecture.

 

La persévérance.

 

Le respect du travail.

 

Ces habitudes façonnent souvent autant l’avenir d'un enfant que les connaissances acquises dans une salle de classe.

 

 

L’ÉDUCATION EST UN INVESTISSEMENT STRATÉGIQUE

 

Construire une route donne rapidement un résultat visible.

 

Réformer une école peut demander une génération.

 

Mais une infrastructure finit par vieillir.

 

Une génération bien formée peut, elle, construire les infrastructures, créer les entreprises, soigner les populations, inventer les technologies et améliorer les institutions de demain.

 

L’éducation ne doit donc jamais être considérée uniquement comme une dépense sociale.

 

Elle constitue probablement l’un des investissements économiques les plus importants d’un pays.

 

 

LA JEUNESSE NE DOIT PAS ATTENDRE LA RÉFORME

 

Les gouvernements ont une responsabilité immense.

 

Mais les jeunes doivent également comprendre une réalité du XXIe siècle :

 

l’apprentissage ne s’arrête plus à la sortie de l’école.

 

Aujourd’hui, il est possible d’apprendre une langue, la programmation, la comptabilité, le marketing, l’intelligence artificielle, la finance, l’entrepreneuriat ou de nombreux métiers techniques bien au-delà des cursus traditionnels.

 

Se former continuellement devient une forme de protection.

 

Le monde qui arrive récompensera probablement moins ce que nous savons réciter que ce que nous sommes capables de comprendre, d’adapter et de créer.

 

 

L’AFRIQUE DOIT TRANSFORMER SON CAPITAL HUMAIN

 

Le continent ne manque ni de jeunesse, ni d’intelligence, ni d’ambition.

 

Son immense défi consiste à transformer davantage ce capital humain en compétences, en entreprises, en innovation, en productivité et en prospérité.

 

La véritable question n’est donc plus seulement :

 

Combien d’enfants allons-nous scolariser ?

 

Elle doit devenir :

 

Quels adultes voulons-nous former pour construire l’Afrique de demain ?

 

« L’éducation ne doit pas seulement fabriquer des diplômés. Elle doit former des femmes et des hommes capables de bâtir leur propre avenir et celui de leur société. »

 

— Darchari MIKIDACHE

 

Peut-être est-ce là l’une des révolutions les plus importantes que l’Afrique doit engager :

 

apprendre moins à reproduire le monde tel qu’il existe, et davantage à construire celui dont elle a besoin.

 

Par Darchari MIKIDACHE

Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

 

La diffusion des idées fait progresser les peuples. Reproduction et partage autorisés avec mention intégrale de l'auteur et de la source.

 

Pour découvrir d’autres réflexions économiques, sociales et stratégiques :

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