Les sept piliers d'un financement durable
Par Darchari MIKIDACHE, Économiste et fiscaliste – Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)
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La première partie de cette réflexion montrait que le principal défi du tourisme comorien n'est pas le manque d'idées ou de richesses naturelles.
Le véritable défi est celui du financement.
Encore faut-il répondre à une autre question fondamentale.
Comment financer durablement une politique touristique ambitieuse sans fragiliser les finances publiques ni alourdir excessivement la dette de l'État ?
La réponse repose sur quelques principes économiques simples.
Aucun pays n'a développé durablement son tourisme grâce à une seule source de financement.
Les réussites observées à Maurice, aux Seychelles, au Cap-Vert ou encore au Rwanda montrent au contraire qu'une stratégie efficace repose sur la diversification des ressources, la qualité de la gouvernance et une vision de long terme.
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AUCUN FINANCEMENT NE PEUT REMPLACER UNE VISION
Avant même de rechercher des financements, un pays doit savoir précisément où il souhaite aller.
Quels sites restaurer ?
Quels territoires développer en priorité ?
Quels métiers former ?
Quels investissements réaliser en premier ?
Un investisseur, une banque ou un partenaire international finance rarement une idée.
Il finance un projet crédible, documenté, techniquement préparé et économiquement viable.
Le premier pilier d'un financement durable est donc la qualité de la stratégie elle-même.
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L'ÉTAT DOIT JOUER SON RÔLE... SANS TOUT FINANCER
Contrairement à une idée répandue, l'État ne doit pas supporter seul l'ensemble des investissements touristiques.
Son rôle consiste avant tout à créer les conditions permettant au secteur privé d'investir en confiance.
Il doit notamment financer les biens publics que personne ne financera spontanément :
— la protection du patrimoine ;
— les routes d'accès ;
— l'assainissement ;
— la sécurité ;
— la signalétique ;
— la formation ;
— les études techniques ;
— la promotion internationale.
Ces investissements créent un environnement favorable dans lequel les entreprises pourront ensuite développer leurs propres activités.
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L'INVESTISSEMENT PRIVÉ DOIT DEVENIR LE PRINCIPAL MOTEUR
Les hôtels.
Les restaurants.
Les agences de voyages.
Les activités nautiques.
Les circuits culturels.
Les maisons d'hôtes.
Les transports touristiques.
Toutes ces activités relèvent principalement de l'investissement privé.
L'État n'a pas vocation à construire tous les hôtels.
En revanche, il doit créer un climat de confiance permettant aux investisseurs nationaux et internationaux de prendre des risques.
Une fiscalité stable.
Des procédures administratives simplifiées.
Une justice prévisible.
Des règles transparentes.
Voilà les véritables leviers de l'investissement.
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LA DIASPORA REPRÉSENTE UNE FORCE ÉCONOMIQUE ENCORE SOUS-EXPLOITÉE
Chaque année, la diaspora contribue déjà fortement à l'économie comorienne.
Mais ces transferts servent principalement à la consommation, au logement ou au soutien familial.
Demain, une partie de cette épargne pourrait également financer des projets touristiques rentables.
Mais cela suppose des règles claires.
Des projets transparents.
Des garanties juridiques.
Et une gouvernance irréprochable.
La confiance constitue toujours le premier investissement.
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LES PARTENAIRES INTERNATIONAUX DOIVENT FINANCER DES PROJETS... PAS DES PROMESSES
Les grandes institutions internationales disposent de nombreux instruments financiers.
Encore faut-il leur présenter des dossiers solides.
Études de faisabilité.
Analyses économiques.
Impact environnemental.
Calendrier d'exécution.
Plan de maintenance.
Capacité de gestion.
Autrement dit, les financements se préparent longtemps avant leur signature.
Les pays qui mobilisent le plus de ressources sont souvent ceux qui préparent le mieux leurs projets.
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LE FINANCEMENT LE PLUS RENTABLE EST CELUI QUI ÉVITE LE GASPILLAGE
Augmenter les recettes est important.
Réduire les pertes l'est tout autant.
Un chantier mal conçu.
Un musée fermé faute de personnel.
Une route touristique non entretenue.
Un site patrimonial abandonné.
Tout cela représente un coût considérable.
La bonne gouvernance produit souvent autant de richesse que de nouveaux financements.
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FINANCER LE TOURISME, C'EST INVESTIR DANS L'ÉCONOMIE NATIONALE
Chaque hôtel construit.
Chaque guide formé.
Chaque monument restauré.
Chaque plage préservée.
Chaque festival organisé.
Chaque PME accompagnée.
Contribue à créer de nouveaux emplois, de nouvelles recettes fiscales et de nouvelles opportunités pour les générations futures.
Le tourisme n'est donc pas un secteur isolé.
Il irrigue progressivement l'ensemble de l'économie.
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LA VISION PRÉCÈDE TOUJOURS LE FINANCEMENT
Beaucoup de pays cherchent d'abord l'argent.
Les pays qui réussissent commencent par construire une vision crédible.
Puis ils organisent leur gouvernance.
Ensuite seulement, ils mobilisent les financements.
Les Comores disposent aujourd'hui d'une opportunité historique.
En construisant une stratégie financière rigoureuse, transparente et diversifiée, elles peuvent développer un tourisme durable sans compromettre l'équilibre de leurs finances publiques.
Le véritable défi n'est pas de trouver un financeur providentiel.
Le véritable défi est de bâtir un modèle économique capable d'inspirer durablement confiance.
La suite de cette réflexion montrera quelles sont les principales sources de financement pouvant être mobilisées pour accompagner cette ambition nationale.
À suivre :
COMMENT LES COMORES PEUVENT FINANCER UN TOURISME DURABLE SANS SURENDETTER L'ÉTAT (PARTIE III)
Les grandes sources de financement à mobiliser pour bâtir une économie touristique durable.
Par Darchari MIKIDACHE
Économiste et fiscaliste
Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)
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