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Bienvenue sur le site web de Darchari MIKIDACHE. Vous y trouverez une synthèse de ses propositions, ses éditoriaux, ses réflexions, ses actions, sa biographie, ses tribunes et ses citations.


LE TOURISME DOIT DEVENIR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE TRANSVERSALE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT

Publié par Darchari Mikidache sur 26 Juillet 2026, 22:18pm

Catégories : #Accompagnement, #Action publique, #Patrimoine, #Environnement

 LE TOURISME DOIT DEVENIR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE TRANSVERSALE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT
 LE TOURISME DOIT DEVENIR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE TRANSVERSALE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT
 LE TOURISME DOIT DEVENIR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE TRANSVERSALE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT
 LE TOURISME DOIT DEVENIR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE TRANSVERSALE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT
 LE TOURISME DOIT DEVENIR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE TRANSVERSALE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT
 LE TOURISME DOIT DEVENIR UNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE TRANSVERSALE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT

La volonté politique combinée à une véritable stratégie pluridisciplinaire et pluriannuelle reste primordiale pour assurer une transformation organisationnelle du développement touristique

Darchari MIKIDACHE, économiste et Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC).

L’inscription des six médinas des Sultanats historiques des Comores au patrimoine mondial ne doit pas rester une victoire symbolique. Elle doit ouvrir une nouvelle étape : celle d’une politique nationale capable de protéger notre héritage, de mieux relier les îles, de former les compétences, de soutenir les entreprises locales et de transformer le tourisme en moteur durable de développement.

Par Darchari  MIKIDACHE 

 

Le tourisme n’est pas seulement une affaire d’hôtels, de plages ou de promotion internationale.

 

Il dépend de la qualité des transports, de la propreté des villes, de la conservation des bâtiments historiques, de la sécurité, de la formation professionnelle, de l’accès au numérique, du financement des entreprises et de la capacité des territoires à organiser une véritable expérience pour les visiteurs.

 

Autrement dit, le tourisme ne relève pas du seul ministère chargé du Tourisme.

 

Il constitue une politique économique transversale.

 

Et toute politique transversale exige une vision nationale, une autorité clairement identifiée et une coordination permanente entre les institutions.

 

LE TOURISME RÉVÈLE LA QUALITÉ GLOBALE DE L’ACTION PUBLIQUE

 

Un visiteur ne juge pas uniquement la beauté d’une médina ou la richesse d’une tradition.

 

Il observe aussi l’état des routes, la ponctualité des bateaux, la fiabilité des vols, la propreté des espaces publics, la qualité de l’accueil, la sécurité sanitaire, les moyens de paiement disponibles, l’accès à Internet, la transparence des prix et la capacité du pays à lui fournir des informations compréhensibles.

 

Une destination peut disposer de paysages exceptionnels et rester peu fréquentée si elle est difficile d’accès.

 

Elle peut posséder un patrimoine universellement reconnu et décourager les visiteurs si les sites sont mal entretenus, si les transports sont imprévisibles ou si les services ne répondent pas aux standards attendus.

 

C’est pourquoi le tourisme doit être considéré comme un révélateur de la qualité générale de la gouvernance.

 

Lorsqu’un pays améliore son tourisme, il améliore souvent en même temps ses infrastructures, ses services publics, son environnement, sa formation professionnelle et son attractivité économique.

 

Cette transformation profite aux visiteurs, mais elle profite d’abord aux habitants.

 

Une route réhabilitée pour desservir une médina facilite aussi les déplacements des familles et des commerçants. Un port mieux organisé améliore les échanges interinsulaires. Une ville plus propre protège la santé publique. Une meilleure connexion numérique aide les hôtels, mais également les étudiants, les entrepreneurs et les administrations.

 

Le tourisme doit donc être pensé comme une politique de développement territorial, et non comme une activité isolée réservée à quelques opérateurs.

 

UNE POLITIQUE PILOTÉE AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ÉTAT

 

Les Comores ont besoin d’une politique interministérielle placée sous l’autorité du Président de l’Union.

 

Ce pilotage au plus haut niveau ne doit pas conduire à une centralisation de toutes les décisions. Il doit permettre de fixer une vision commune, d’arbitrer les priorités, de mobiliser les administrations et de rendre chaque institution responsable de ses engagements.

 

La coordination opérationnelle pourrait être confiée à un ministre chef de file clairement désigné. Celui-ci ne remplacerait pas les autres ministres, mais aurait la responsabilité d’organiser leur action commune et de présenter régulièrement l’état d’avancement de la stratégie nationale.

 

Un Conseil national du tourisme durable et des patrimoines permettrait de réunir périodiquement les administrations, l’Office national du tourisme, les autorités portuaires et aéroportuaires, les îles autonomes, les communes, les compagnies de transport, les professionnels du tourisme, les universités, les centres de formation, les experts du patrimoine, les organisations culturelles et environnementales ainsi que les représentants des habitants des médinas.

 

La jeunesse, les femmes entrepreneures et la diaspora qualifiée devraient également participer à cette gouvernance.

 

Cette diversité ne doit toutefois pas transformer le Conseil en une assemblée sans pouvoir réel.

 

Son fonctionnement devra reposer sur un cahier des charges national, un calendrier public, des responsabilités précises et des indicateurs mesurables. Chaque institution devra savoir ce qu’elle doit accomplir, avec quels moyens, dans quel délai et selon quels critères d’évaluation.

 

La coordination ne consiste pas à multiplier les réunions.

 

Elle consiste à attribuer les responsabilités et à vérifier les résultats.

 

Sans cette discipline, la politique touristique restera fragmentée entre plusieurs administrations. Chacune pourra annoncer des projets, mais personne ne sera clairement responsable de leur cohérence générale ni des retards constatés.

 

UNE AGENCE NATIONALE POUR COORDONNER, ACCOMPAGNER ET ÉVALUER

 

La création d’une Agence nationale du développement touristique et de la protection des patrimoines matériels et immatériels pourrait constituer une avancée majeure.

 

Mais cette agence ne devra pas devenir une administration supplémentaire concentrée à Moroni et éloignée des réalités des territoires.

 

Elle devra être légère dans son fonctionnement, forte dans ses compétences et rigoureuse dans son évaluation.

 

Sa direction nationale aurait vocation à définir la stratégie, établir les normes de conservation, mobiliser les grands financements, négocier avec les partenaires internationaux, publier les statistiques du secteur, promouvoir la destination Comores et contrôler l’utilisation des ressources publiques.

 

Cette direction nationale ne devra toutefois pas décider seule de projets qu’elle ne mettra pas directement en œuvre.

 

L’agence devra disposer de délégations dans les îles, dotées de moyens humains et opérationnels. Ces structures insulaires pourront adapter la stratégie nationale aux réalités propres à Ngazidja, Ndzuwani et Mwali, coordonner les projets locaux, accompagner les entreprises, contrôler la qualité des prestations et organiser la concertation avec les communes et les habitants.

 

Dans les principaux territoires touristiques et patrimoniaux, des antennes locales ou des comités de gestion pourront associer directement les élus, les professionnels, les associations et les communautés vivant autour des sites.

 

Le principe de subsidiarité devra guider l’ensemble du dispositif.

 

Toute décision pouvant être prise efficacement au plus près du terrain ne devra pas remonter inutilement au niveau central. La direction nationale conservera la stratégie, les normes, les grands financements et le contrôle. Les structures insulaires assureront la coordination territoriale. Les communes et les communautés interviendront directement dans la propreté, l’accueil, la gestion des espaces publics, l’animation culturelle et la surveillance des dégradations.

 

Cette organisation permettrait d’éviter deux échecs opposés : le centralisme, qui ralentit les décisions, et la dispersion, qui produit des initiatives sans cohérence nationale.

 

L’objectif n’est pas de multiplier les institutions.

 

Il est de construire une chaîne de responsabilités claire, dans laquelle chaque niveau agit là où il est le plus efficace.

 

UN FINANCEMENT STABLE ET UNE OBLIGATION DE RÉSULTATS

 

Une agence sans ressources durables ne serait qu’une coquille vide.

 

Son financement devra donc être sécurisé par une programmation pluriannuelle associant le budget de l’État, les ressources affectées au développement touristique, les partenaires internationaux, les mécanismes de financement environnemental et les contributions privées liées à des projets précis.

 

Les dépenses permanentes ne pourront pas dépendre uniquement de financements extérieurs ponctuels.

 

L’entretien des sites, la formation des professionnels, l’accueil des visiteurs, la collecte des données et la promotion de la destination doivent être financés dans la durée.

 

Les aides publiques et les contributions des partenaires devront être reliées à des objectifs vérifiables. Les comptes de l’agence devront être publiés, les projets régulièrement évalués et les programmes les plus importants soumis à des audits indépendants.

 

La stabilité financière ne peut être séparée de la transparence.

 

Lorsqu’une institution reçoit des ressources publiques, elle doit expliquer ce qu’elle en fait, ce qu’elle a réalisé et pourquoi certains objectifs n’ont pas été atteints.

 

CONSTRUIRE UN RÉSEAU NATIONAL DU TOURISME DURABLE

 

L’agence ne pourra réussir seule.

 

Elle devra devenir le centre opérationnel d’un réseau national réunissant les institutions et les professionnels qui interviennent directement ou indirectement dans le parcours du visiteur.

 

L’Office national du tourisme devra concentrer son action sur la promotion de la destination, l’information des voyageurs, la commercialisation des offres et l’accompagnement des professionnels.

 

Les autorités portuaires et aéroportuaires devront améliorer l’accueil, la sécurité, la signalétique, la gestion des bagages et la fluidité des déplacements.

 

Les communes auront un rôle décisif dans l’aménagement, la propreté, l’entretien des espaces publics et l’organisation des activités culturelles.

 

Les établissements de formation devront adapter leurs programmes aux besoins réels du secteur.

 

Les hôtels, restaurants, maisons d’hôtes, guides et compagnies de transport devront respecter des normes communes en matière de qualité, d’hygiène, de sécurité, de transparence tarifaire et de protection environnementale.

 

Les chambres consulaires, les banques et les organismes de financement devront faciliter la création et le développement d’entreprises locales viables.

 

Enfin, les artisans, les agriculteurs et les pêcheurs devront être intégrés à cette économie. Le tourisme ne doit pas fonctionner comme une enclave qui importe l’essentiel de ses produits. Il doit créer des débouchés pour la production nationale et permettre aux dépenses des visiteurs de circuler dans l’économie comorienne.

 

Ce réseau pourra être encadré par des conventions pluriannuelles précisant les responsabilités de chaque partie, les investissements attendus, les financements accordés et les résultats à atteindre.

 

Les subventions publiques ne devront plus être considérées comme des droits automatiques.

 

Elles devront soutenir des engagements vérifiables et pourront être révisées lorsque les obligations ne sont pas respectées.

 

LES TRANSPORTS, PREMIÈRE INFRASTRUCTURE DU TOURISME INSULAIRE

 

Le transport constitue l’infrastructure centrale de toute stratégie touristique dans un archipel.

 

Un visiteur ne choisira pas durablement les Comores s’il ne peut pas connaître les horaires, réserver ses billets, voyager en sécurité et circuler facilement entre les îles.

 

Mais cette politique ne doit pas être conçue uniquement pour les touristes étrangers.

 

Elle doit d’abord améliorer la mobilité des Comoriens, notamment celle des étudiants, des familles, des commerçants, des travailleurs et des membres de la diaspora.

 

Le développement touristique doit ainsi prolonger une véritable politique nationale de désenclavement et de continuité territoriale.

 

Dans le transport maritime, l’État devra définir des obligations de service public entre les îles, fixer des fréquences minimales et exiger la publication des horaires suffisamment à l’avance.

 

Les contrôles techniques des navires devront être renforcés. Les équipages et les personnels portuaires devront être formés. Les terminaux devront progressivement être modernisés afin d’améliorer l’accueil, la sécurité et l’information des voyageurs.

 

Les entreprises bénéficiant d’aides publiques devront publier leurs taux de ponctualité, leurs annulations et les incidents significatifs. Elles devront également proposer des procédures simples de réservation, de modification et de remboursement.

 

Dans le transport aérien, l’amélioration des infrastructures et de la sécurité reste prioritaire. La qualité de l’accueil, le traitement des bagages et la coordination entre les vols internationaux et les liaisons interinsulaires devront être renforcés.

 

Les Comores devront également rechercher de nouvelles dessertes régionales et internationales, en développant des accords avec les grands centres de connexion de l’océan Indien, de l’Afrique orientale et australe, du Moyen-Orient et de l’Europe.

 

Toute stratégie aérienne devra cependant reposer sur une expertise économique indépendante. Elle devra comparer les différentes solutions possibles, leur coût pour les finances publiques, leur fiabilité et leur capacité à répondre aux besoins du pays.

 

Sur terre, les routes reliant les ports, les aéroports, les médinas et les principaux sites naturels devront faire l’objet d’une programmation prioritaire.

 

La signalétique devra être harmonisée. Les taxis et transports collectifs devront être mieux organisés. Les tarifs devront être affichés et les chauffeurs formés à l’accueil touristique.

 

À moyen terme, le renouvellement du parc automobile devra favoriser des véhicules plus sûrs et moins polluants.

 

Enfin, une plateforme numérique nationale pourrait regrouper les horaires des bateaux et des vols, les hébergements disponibles, les événements, les circuits, les tarifs, les guides agréés et les informations pratiques.

 

La technologie ne remplacera pas les infrastructures.

 

Mais elle peut réduire l’incertitude, améliorer la confiance et faciliter l’organisation des séjours.

 

Sans transports réguliers et informations fiables, il ne peut exister ni circuits interinsulaires, ni allongement de la durée des séjours, ni répartition équilibrée des revenus entre les territoires.

 

FAIRE DE LA COOPÉRATION RÉGIONALE UN OUTIL DE TRANSFERT DE COMPÉTENCES

 

Les Comores ne pourront pas développer seules toutes les expertises nécessaires.

 

La coopération régionale doit donc devenir un instrument concret de développement.

 

Dans le cadre de la Commission de l’océan Indien et de leurs autres partenariats, les Comores pourraient proposer des programmes communs de formation hôtelière, de conservation patrimoniale, de sécurité maritime, de gestion des déchets et de promotion touristique.

 

La région dispose déjà d’expériences utiles.

 

Maurice possède une longue pratique de la formation hôtelière et de la montée en gamme touristique. Les Seychelles ont développé une politique de valorisation d’une destination insulaire à forte identité environnementale. Zanzibar dispose d’une expérience directement liée à la conservation et à la gestion d’une ville historique classée au patrimoine mondial. Madagascar possède des compétences importantes dans les domaines de la biodiversité, du patrimoine, de l’artisanat et de la formation universitaire.

 

Les Comores peuvent apprendre de ces expériences sans chercher à les reproduire mécaniquement.

 

La coopération pourrait favoriser des circuits multidestinations, des échanges entre professionnels, des formations communes et des projets régionaux de promotion.

 

Elle pourrait également faciliter la constitution d’un Réseau des patrimoines et des destinations de l’océan Indien, reliant les médinas comoriennes aux grands itinéraires historiques, maritimes, culturels et écologiques de la région.

 

Toute mission étrangère devra cependant être liée à un transfert de compétences précis.

 

Lorsqu’un expert intervient aux Comores sur financement public ou international, il devra former des professionnels comoriens, produire des outils réutilisables et laisser aux institutions nationales la capacité de poursuivre le travail.

 

Le pays ne peut pas financer indéfiniment des études qui disparaissent avec le départ des consultants.

 

La coopération devient utile lorsqu’elle réduit progressivement la dépendance à l’expertise extérieure.

 

FORMER LES FORMATEURS AVANT DE MULTIPLIER LES DIPLÔMES

 

L’objectif de former 1 500 professionnels en cinq ans ne sera crédible que si les Comores disposent d’abord d’un corps de formateurs qualifiés.

 

La priorité devrait donc être la sélection et la formation de 100 à 150 formateurs dans les domaines les plus stratégiques.

 

Le pays a besoin de compétences en conservation du patrimoine, architecture traditionnelle, muséologie, hôtellerie, restauration, guidage culturel, langues étrangères, marketing numérique, gestion touristique, traitement des déchets, sécurité des transports et évaluation des politiques publiques.

 

Ces spécialistes ne devront pas seulement transmettre des connaissances théoriques.

 

Ils devront être capables d’élaborer des programmes, d’encadrer les stages, de certifier des compétences, d’accompagner les entreprises et d’évaluer la qualité des prestations.

 

Les formations devront donc être étroitement reliées aux besoins des employeurs et aux réalités du terrain.

 

Chaque programme devrait comporter une part importante de pratique professionnelle, dans les hôtels, les restaurants, les entreprises de transport, les collectivités, les sites historiques et les institutions culturelles.

 

Le pays n’a pas besoin de diplômes supplémentaires sans débouchés.

 

Il a besoin de professionnels capables d’exercer un métier, de transmettre leurs compétences et d’améliorer concrètement les services offerts.

 

DES BOURSES D’EXCELLENCE AU SERVICE D’UN PROJET NATIONAL

 

Certaines compétences devront être acquises à l’étranger lorsque les formations correspondantes ne sont pas encore disponibles aux Comores.

 

Le CEEC propose donc la création de bourses nationales d’excellence consacrées au tourisme, aux transports, au patrimoine, à l’environnement, à l’urbanisme, à la muséologie et à l’économie circulaire.

 

Ces bourses devront être attribuées par concours selon des critères publics.

 

Le parcours académique, les aptitudes linguistiques, la motivation et la présentation d’un projet professionnel utile au pays devront être examinés par un jury indépendant.

 

Les résultats, les coûts et la composition du jury devront être rendus publics afin de limiter les soupçons de favoritisme.

 

Chaque bénéficiaire devra signer un contrat précisant la formation financée, les résultats attendus, le coût pris en charge par la nation et les conditions de retour.

 

Pour les études longues et coûteuses, une obligation de servir aux Comores pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans pourrait être prévue.

 

Cette obligation ne pourra cependant être crédible que si l’État assume également ses responsabilités.

 

Il devra proposer au diplômé un poste correspondant à sa qualification, des missions réelles, des conditions de travail acceptables, une rémunération cohérente et des perspectives de carrière.

 

Le remboursement des frais de formation devra être proportionnel à la durée de service non accomplie. Il ne pourra pas être exigé lorsque l’État n’aura pas offert de poste adapté ou lorsque des circonstances objectivement justifiées empêchent le retour.

 

L’objectif n’est pas d’enfermer les diplômés.

 

Il est de conclure un contrat équilibré entre l’effort financier de la collectivité et la contribution attendue du bénéficiaire.

 

Former sans préparer le retour alimente la fuite des compétences.

 

Exiger le retour sans offrir de perspectives alimente la frustration.

 

Une politique sérieuse doit organiser simultanément la sélection, la formation, l’emploi, la motivation et la fidélisation.

 

FAIRE VIVRE LES TERRITOIRES TOUTE L’ANNÉE

 

Le tourisme ne repose pas uniquement sur les monuments.

 

Il dépend aussi de la vitalité culturelle et de la capacité des territoires à proposer des expériences régulières.

 

Les Comores gagneraient à créer un Comité national de coordination des événements culturels, touristiques, festifs et de divertissement, relayé dans chaque île.

 

Ce dispositif ne devra pas remplacer les artistes, les associations, les communes ou les opérateurs privés.

 

Il devra les accompagner, mieux coordonner les calendriers et renforcer la visibilité des initiatives.

 

Les festivals de musique, de danse, de gastronomie, de cinéma, de littérature, d’artisanat ou de traditions maritimes pourraient être programmés suffisamment tôt pour permettre aux transporteurs, hébergeurs, restaurateurs et visiteurs de s’organiser.

 

Des semaines consacrées aux médinas, des circuits historiques, des expositions, des manifestations sportives et des événements destinés aux familles pourraient compléter cette programmation.

 

Chaque manifestation devra répondre à un cahier des charges précis portant sur la sécurité, la transparence financière, la propreté, la participation des entreprises locales et l’évaluation des retombées économiques.

 

Les dates devront être coordonnées avec les vacances scolaires, les périodes de retour de la diaspora, les capacités de transport et les saisons touristiques régionales.

 

Des offres combinant le transport, l’hébergement et l’accès aux événements pourront être négociées afin de réduire les coûts.

 

Des tarifs familiaux, des réductions destinées aux jeunes et des pass culturels interinsulaires rendraient les déplacements plus accessibles.

 

L’objectif n’est pas seulement d’attirer davantage de visiteurs étrangers.

 

Il est aussi de développer un tourisme intérieur.

 

Un habitant de Ndzuwani doit pouvoir découvrir Mwali ou Ngazidja sans que les coûts de transport rendent le voyage inaccessible. Une famille de Ngazidja doit pouvoir séjourner à Ndzuwani. Un membre de la diaspora doit pouvoir réserver avant son arrivée un circuit passant par plusieurs îles.

 

Le tourisme intérieur peut constituer un premier marché stable pour les entreprises comoriennes.

 

Il permet de tester les offres, d’améliorer la qualité des services, de réduire la saisonnalité et de répartir davantage les revenus entre les territoires.

 

CONCLUSION — TRANSFORMER UNE RECONNAISSANCE MONDIALE EN RESPONSABILITÉ NATIONALE

 

L’UNESCO a reconnu une partie de notre histoire.

 

Les Comores doivent maintenant démontrer qu’elles sont capables d’en construire l’avenir.

 

Dans dix ans, notre réussite ne sera pas mesurée au prestige des cérémonies organisées au moment de l’inscription.

 

Elle sera mesurée à l’état réel de nos médinas, à la propreté de nos villes, à la qualité de nos transports, au nombre de professionnels formés, aux entreprises créées et aux revenus conservés dans l’économie nationale.

 

Nos médinas seront-elles restaurées ou continueront-elles à se dégrader ?

 

Nos jeunes deviendront-ils architectes du patrimoine, guides, restaurateurs, hôteliers, techniciens, conservateurs et entrepreneurs, ou resteront-ils spectateurs d’une opportunité qui leur échappe ?

 

Nos entreprises bénéficieront-elles réellement des dépenses des visiteurs, ou laisserons-nous l’essentiel de la valeur créée repartir à l’extérieur ?

 

Nos transports permettront-ils enfin de relier les îles, les sites et les populations ?

 

Nos institutions sauront-elles travailler ensemble, rendre compte et maintenir les politiques dans la durée ?

 

Voilà les véritables questions.

 

Le classement UNESCO ne doit pas devenir un symbole célébré pendant quelques semaines avant d’être oublié.

 

Il doit provoquer une transformation profonde de l’action publique.

 

Les Comores doivent passer de la dispersion à la coordination, des projets isolés à une programmation nationale, des financements occasionnels à des ressources pérennes et de la dépendance à l’expertise extérieure à la constitution de compétences nationales.

 

Elles doivent également passer d’une promotion touristique sans produit structuré à une véritable expérience, fondée sur des transports fiables, des villes propres, des services de qualité et une vie culturelle permanente.

 

Cette cohérence fera la différence entre un classement prestigieux sans effets durables et une véritable transformation économique.

 

Le patrimoine comorien n’est ni une marchandise ni un décor destiné aux visiteurs.

 

Il est une mémoire vivante.

 

Il appartient aux communautés qui l’ont préservé, aux générations qui l’ont transmis et aux enfants auxquels nous devons le léguer.

 

Le développement touristique ne sera légitime que s’il améliore la vie des populations, protège leur environnement, respecte leur identité et ouvre des perspectives durables à la jeunesse.

 

Il ne s’agit donc pas seulement d’attirer davantage de touristes.

 

Il s’agit de diversifier l’économie nationale, de renforcer la continuité territoriale, de développer les compétences, de soutenir l’entrepreneuriat et de rendre aux Comoriens la maîtrise économique et culturelle de leur patrimoine.

 

L’UNESCO nous a offert une visibilité mondiale.

 

Cette reconnaissance nous impose désormais une responsabilité nationale.

 

Le monde a reconnu la valeur universelle de notre passé.

 

À nous de démontrer la valeur de notre vision, de notre gouvernance et de notre capacité collective à agir.

 

Par Darchari MIKIDACHE

Économiste et fiscaliste

Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)

 

La diffusion des idées fait progresser les peuples. Reproduction et partage autorisés avec mention intégrale de l’auteur et de la source.

 

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