Rencontres sur le terrain aux Comores de M. Darchari MIKIDACHE, Président de l’ONG USHABABI WA MESO INTERNATIONAL
Le développement durable ne commence pas par les subventions. Il commence par une stratégie de financement crédible, diversifiée et transparente
Les grandes sources de financement à mobiliser pour bâtir une économie touristique durable
Par Darchari MIKIDACHE, Économiste et fiscaliste – Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)
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Dans les deux premières parties, nous avons montré qu'une politique touristique crédible repose d'abord sur une vision claire, une gouvernance solide et une stratégie financière cohérente.
Une nouvelle question se pose désormais.
Où trouver durablement les ressources nécessaires sans fragiliser les finances publiques ?
La réponse ne réside pas dans une source unique.
Les pays qui réussissent combinent plusieurs mécanismes de financement afin de répartir les risques et de préserver leur équilibre budgétaire.
Les Comores peuvent s'inspirer de cette approche.
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LA PREMIÈRE RESSOURCE RESTE LE BUDGET NATIONAL
Aucun pays ne développe durablement un secteur stratégique sans y consacrer une partie de ses propres ressources.
Le budget de l'État doit donc financer les missions qui relèvent directement de l'intérêt général :
— la protection des sites historiques ;
— la restauration des monuments publics ;
— les études techniques ;
— la formation des agents ;
— la promotion institutionnelle ;
— les systèmes d'information touristique.
Cette participation publique est indispensable.
Elle démontre que le pays croit lui-même à sa stratégie.
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LE SECTEUR PRIVÉ DOIT DEVENIR LE PRINCIPAL INVESTISSEUR
L'argent public ne suffira jamais.
Les hôtels.
Les restaurants.
Les centres de loisirs.
Les agences de voyages.
Les maisons d'hôtes.
Les excursions maritimes.
Les commerces artisanaux.
Toutes ces activités doivent être financées principalement par les entrepreneurs.
Le rôle de l'État consiste alors à créer un environnement favorable, stable et attractif.
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LA DIASPORA PEUT DEVENIR UN VÉRITABLE PARTENAIRE D'INVESTISSEMENT
Chaque année, la diaspora comorienne transfère des sommes importantes vers les Comores.
Une partie de cette capacité financière pourrait être orientée vers des investissements productifs.
Mais cela suppose des projets sérieux.
Des règles transparentes.
Des garanties juridiques.
Des mécanismes permettant à chaque investisseur de connaître précisément l'utilisation de son argent.
La confiance demeure le premier capital.
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LES PARTENAIRES INTERNATIONAUX PEUVENT ACCÉLÉRER LA TRANSFORMATION
Banque mondiale.
Banque africaine de développement.
Union européenne.
AFD.
Banque islamique de développement.
UNESCO.
Fonds climatiques.
Ces institutions disposent d'importants instruments financiers.
Encore faut-il leur présenter des projets techniquement solides.
Les financements internationaux récompensent davantage la qualité des projets que la qualité des discours.
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LES PARTENARIATS PUBLIC-PRIVÉ PEUVENT JOUER UN RÔLE IMPORTANT
Certains équipements peuvent être développés avec des investisseurs privés.
Ports de plaisance.
Centres de conférences.
Complexes hôteliers.
Marinas.
Équipements de loisirs.
Mais ces partenariats doivent être négociés avec rigueur.
L'objectif n'est jamais de transférer les risques à l'État tout en privatisant les bénéfices.
Chaque contrat doit protéger durablement l'intérêt national.
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UNE FISCALITÉ TOURISTIQUE MODÉRÉE PEUT CONTRIBUER AU FINANCEMENT
Une contribution de séjour raisonnable.
Une affectation transparente des recettes.
Une utilisation exclusivement consacrée au patrimoine, à la propreté, à la signalétique ou aux équipements touristiques.
Ces principes sont largement utilisés dans de nombreuses destinations.
Encore faut-il que chaque contribution soit visible dans les résultats obtenus.
Le citoyen comme le visiteur doivent pouvoir constater concrètement l'amélioration des services.
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LES RECETTES DU TOURISME DOIVENT FINANCER LE TOURISME
Une partie des revenus générés par le développement du secteur devrait progressivement revenir au secteur lui-même.
Cette logique crée un cercle vertueux.
Plus le tourisme se développe.
Plus il finance son propre développement.
Plus les infrastructures s'améliorent.
Plus l'attractivité augmente.
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DIVERSIFIER LES RESSOURCES POUR RÉDUIRE LES RISQUES
Compter sur une seule source de financement constitue toujours une fragilité.
Les Comores devront bâtir un modèle associant :
— budget national ;
— collectivités locales ;
— investisseurs privés ;
— diaspora ;
— banques ;
— partenaires internationaux ;
— recettes touristiques ;
— mécénat culturel.
Cette diversification permettra de mieux résister aux crises économiques, sanitaires ou géopolitiques.
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LE FINANCEMENT DOIT ÊTRE AU SERVICE D'UNE VISION
Lever des fonds ne constitue jamais une fin en soi.
L'objectif est de créer davantage d'emplois.
De protéger durablement le patrimoine.
D'améliorer les revenus des populations.
De soutenir les entreprises locales.
Et de renforcer l'image internationale des Comores.
Un bon financement est celui qui produit des résultats visibles plusieurs décennies après les premiers investissements.
C'est cette vision de long terme qui permettra au tourisme de devenir un véritable moteur du développement économique national.
À suivre :
COMMENT LES COMORES PEUVENT FINANCER UN TOURISME DURABLE SANS SURENDETTER L'ÉTAT (PARTIE IV)
Le rôle stratégique de la diaspora, de l'épargne nationale et des investisseurs privés dans la transformation du tourisme comorien.
Par Darchari MIKIDACHE
Économiste et fiscaliste
Président du think-tank Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)
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